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75 % des produits alimentaires au Canada contiennent des OGM, mais les Canadiens ne le savent pas

Aaron Skelton, président-directeur général, Association canadienne des aliments de santé

L’information sur ce que nous mangeons est importante, mais un élément crucial de l’étiquetage alimentaire et de notre approvisionnement en nourriture reste obscur : les Canadiens ne savent pas que les aliments qu’ils achètent contiennent vraisemblablement des ingrédients issus du génie génétique, souvent appelés organismes génétiquement modifiés (OGM). Compte tenu des exigences détaillées concernant les ingrédients et la valeur nutritionnelle qui doivent figurer sur l’emballage des produits alimentaires au Canada, les Canadiens ont l’habitude d’évaluer le contenu nutritionnel de ce qu’ils consomment. Nous avons aussi le droit de savoir si nous consommons des OGM. 

Les OGM sont omniprésents dans notre offre alimentaire en raison de l’utilisation généralisée de maïs, de canola et de soya génétiquement modifiés dans les aliments transformés. Selon l’Université Dalhousie, plus de 75 % de tous les produits alimentaires vendus au Canada contiennent au moins un ingrédient génétiquement modifié1. De nombreux agriculteurs considèrent les cultures génétiquement modifiées comme une innovation nécessaire à la survie de leur exploitation. Les OGM qui modifient l’ADN des plantes permettent une pulvérisation plus fréquente d’herbicides et donnent aux plantes la capacité de lutter contre les parasites, assurant aux exploitants des rendements plus élevés, mais le manque de transparence sur la présence des OGM est inquiétant pour les consommateurs. Depuis plus de vingt ans, les sondages d’opinion publique montrent que la grande majorité des Canadiens souhaite un étiquetage obligatoire des aliments génétiquement modifiés2. Certains Canadiens sont préoccupés par la sécurité alimentaire et les incidences sur l’environnement, tandis que d’autres ont des préoccupations d’ordre éthique. La plupart veulent simplement savoir ce que contiennent les aliments qu’ils consomment. 
 

Les OGM ont été introduits au Canada en 1995. Aujourd’hui, soit plus de vingt ans plus tard, notre réglementation en matière d’étiquetage des produits alimentaires n’a pas été mise à jour en conséquence, de sorte qu’il est impossible de repérer les OGM dans les produits vendus en épicerie. Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle signifie que le gouvernement n’a aucun moyen de suivre les OGM dans notre système alimentaire et d’en surveiller les éventuels effets négatifs sur la santé, et aucun plan n’est prévu pour modifier cette situation. On peut donc s’interroger sur la capacité du Canada d’adapter ses pratiques d’étiquetage à l’évolution du paysage des nouvelles technologies dans notre approvisionnement alimentaire. 

Si nous nous soucions du bien-être des Canadiens, nous devons veiller à ce que les consommateurs disposent des outils nécessaires pour faire des choix éclairés. De nouvelles dispositions réglementaires concernant l’étiquetage de produits tels que les aliments supplémentés et de nouvelles exigences en matière d’étiquetage sur le devant de l’emballage pour les aliments riches en matières grasses, en sucre ou en sodium entreront en vigueur en 2025. Les mêmes règles devraient s’appliquer aux OGM présents dans nos aliments. D’autres pays développés, tels que les États-Unis, l’Australie et l’Union européenne, disposent d’une forme ou d’une autre de réglementation en matière d’étiquetage pour divulguer la présence d’OGM dans les aliments, mais le Canada en est loin. 

En l’absence d’étiquetage obligatoire des OGM, certaines entreprises alimentaires font un effort supplémentaire pour offrir aux consommateurs un choix sans OGM. Bon nombre des membres de l’Association canadienne des aliments de santé (CHFA), qui représentent une grande partie des marques d’aliments naturels, biologiques et de bien-être que vous voyez sur les rayons, se soumettent volontairement à des processus rigoureux et coûteux de tiers pour certifier que leurs produits sont exempts d’OGM, par exemple le Projet sans OGM ou les normes canadiennes sur l’agriculture biologique.  

La transparence ne devrait pas être facultative. Nous ne pouvons faire des choix éclairés en alimentation que si nous disposons des outils nécessaires. Cet appel à la transparence n’est pas un argument contre les OGM, mais un plaidoyer en faveur d’un système qui accorde aux consommateurs la maîtrise de leurs choix. Nous voulons donner à chacun les moyens de faire des choix conformes à ses valeurs, tout en renforçant la confiance dans le secteur agroalimentaire et la réglementation canadienne. Alors que le débat sur les OGM et leur rôle dans notre approvisionnement alimentaire se poursuit, défendons la transparence comme fondement d’un système alimentaire plus sain, mieux éclairé et plus responsable. Il est temps de lever le voile sur les aliments génétiquement modifiés et d’envisager un avenir où les consommateurs pourront choisir en toute confiance les aliments qu’ils consomment.