L’emballage alimentaire connaît l’une des périodes de plus importante évolution depuis des décennies. Les attentes en matière environnementale sont plus fortes, les chercheurs et les fabricants explorent des matériaux pour réduire la dépendance aux plastiques à base de pétrole, et les organismes de réglementation cherchent à adapter la surveillance de la salubrité des aliments à ces innovations.
Il est peu probable que les emballages durables se passeront totalement du plastique. Ce matériau est très utilisé parce qu’il résout plusieurs problèmes cruciaux à la fois : il est léger, durable, résistant à l’humidité et très efficace pour protéger les aliments de l’oxygène, des contaminations et des dommages physiques. Ces avantages sont précieux. Un emballage mal adapté peut réduire la durée de conservation et augmenter le gaspillage alimentaire, substituant un problème environnemental à un autre.
Pour fabriquer des emballages alimentaires, la cellulose, l’amidon, les algues, les protéines offrent de nouvelles perspectives intéressantes, ainsi que le chitosane, un matériau biodégradable dérivé de coquillages de crustacés. Le papier suscite également à nouveau l’attention, avec des revêtements biodégradables innovants à base de plantes pour améliorer la résistance à l’humidité et à la graisse.
Les « emballages actifs » offrent également des perspectives prometteuses, puisqu’ils font plus que simplement contenir et protéger les aliments. Ces technologies pourraient prolonger la durée de conservation en fixant l’oxygène et l’eau qui accélèrent la dégradation des aliments, ou en libérant des substances telles que des antioxydants ou des agents antibactériens qui préservent la qualité.
Ces innovations semblent prometteuses, mais leur efficacité reste encore limitée par rapport au plastique conventionnel. Certaines nécessitent des installations de compostage industriel qui ne sont pas présentes partout. D’autres sont coûteuses ou difficiles à fabriquer à grande échelle. De nombreux nouveaux types d’emballages sont donc des systèmes hybrides, utilisant des matériaux ou des revêtements pour atteindre l’efficacité nécessaire en matière de salubrité alimentaire et de durée de conservation. Pour les petites et moyennes entreprises, changer d’emballage peut également nécessiter de nouveaux équipements, des essais de production, des études de durée de conservation, et des investissements élevés en capitaux. Ces compromis sont particulièrement importants dans le secteur des produits naturel, biologique et de bien-être, où les marques cherchent à répondre à la demande croissante d’options plus durables.
Un cadre réglementaire en évolution
Dans ce contexte, Santé Canada a lancé une consultation sur un nouveau cadre proposé pour l’emballage alimentaire.
Actuellement, le Canada interdit les emballages alimentaires qui pourraient déposer des produits chimiques nocifs sur les aliments, mais le processus d’évaluation préalable à la mise en marché de Santé Canada se fait généralement sur une base volontaire.
Santé Canada envisage de modifier son approche parallèlement à ces évolutions. Les objectifs environnementaux nécessitent un plus grand recours aux plastiques recyclés et aux nouveaux matériaux, tels que le papier et les matières biosourcées, créant ainsi un environnement plus innovant pour les emballages alimentaires, mais aussi plus complexe à superviser. Le nouveau cadre pourrait exiger que les entreprises déclarent les matériaux entrant en contact avec des denrées alimentaires et fournissent des renseignements sur leur composition chimique.
Les plastiques recyclés présentent des enjeux uniques, car leur provenance et leur composition sont moins prévisibles que le plastique vierge. L’utilisation de matériaux recyclés peut augmenter la présence potentielle de produits chimiques ou de contaminants dans les emballages qui pourraient ensuite se déposer sur les aliments. Les circuits de recyclage peuvent utiliser des plastiques qui ne sont pas destinés à l’origine à des utilisations alimentaires, ou contenir des résidus de leur utilisation antérieure. Pour déterminer si un plastique recyclé convient pour l’emballage alimentaire, il est essentiel d’effectuer un contrôle à la source, un tri et une décontamination appropriés, ainsi que de disposer d’informations sur les usages précédents.
La démarche d’élaboration de ce nouveau cadre sera particulièrement importante pour le secteur alimentaire. L’une des principales questions est de savoir qui des fabricants d’emballages, des fabricants d’aliments canadiens, des propriétaires de marque, des importateurs ou des détaillants devrait avoir la responsabilité de fournir à Santé Canada ces informations.
Pour de nombreuses entreprises du secteur alimentaire, notamment les plus petites marques, obtenir des informations détaillées sur la composition chimique auprès des fournisseurs d’emballages constituerait une nouvelle responsabilité considérable. Santé Canada propose une période de mise en œuvre progressive d’environ cinq ans. La consultation actuelle prendra fin le 9 novembre 2026. Santé Canada prévoit d’examiner les recommandations pour un cadre obligatoire pour l’emballage alimentaire d’ici le printemps 2027.
Pour le secteur des produits naturels, biologiques et de bien-être, c’est une occasion importante de participer à l’élaboration d’un cadre adapté qui ne freine pas inutilement les innovations. Il est important d’adopter une approche fondée sur les risques, tenant compte d’évaluations internationales crédibles, offrant des périodes de transition réalistes et portant une attention particulière aux PME. Cela signifie également reconnaître que la durabilité ne peut pas être mesurée uniquement à l’aune de la réduction du plastique. Il est peu probable que l’on se passe du plastique à l’avenir dans les emballages alimentaires, mais il peut être plus durable et plus innovant. Cela nécessite d’utiliser des matériaux à faible empreinte quand ils sont les plus adaptés, d’améliorer le recyclage quand le plastique demeure nécessaire et d’élaborer des règlements qui protègent les Canadiens tout en donnant aux entreprises la possibilité d’innover.
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